Deux patients, une même douleur… mais deux mécaniques différentes
Prenons deux personnes qui se plaignent exactement de la même douleur autour de la rotule.
Chez la première, le pied part rapidement en pronation pendant l’appui, le tibia accompagne ce mouvement et le genou rentre nettement vers l’intérieur. La hanche contrôle difficilement cette dynamique.
Chez la seconde, le pied est plus rigide et le membre inférieur s’est organisé depuis longtemps autour de cette morphologie. Sa rotule reste pourtant correctement centrée pendant le mouvement.
Corriger les deux patients de la même façon serait peu logique. Chez le premier, modifier certains paramètres du pied et renforcer le contrôle de la hanche peut améliorer la trajectoire du membre inférieur. Chez le second, imposer une correction trop importante pourrait au contraire perturber un équilibre auquel son corps s’est adapté.
L’objectif n’est donc pas de rendre tous les pieds identiques ou tous les genoux parfaitement droits. Il est de rechercher une mécanique dans laquelle la rotule fonctionne avec le moins de contraintes inutiles possible.
Pourquoi une correction trop rigide n’est pas toujours la bonne réponse
Lorsqu’un pied s’affaisse, la tentation peut être de le bloquer immédiatement dans une position considérée comme idéale. Mais une correction n’est pertinente que si elle améliore réellement le fonctionnement de l’ensemble du membre inférieur.
Il faut insister sur un point : lorsqu’une rotule est déjà bien centrée, une modification mécanique mal adaptée peut introduire de nouvelles rotations et déplacer la rotule au lieu de l’aider.
Le pied possède aussi une fonction d’adaptation et d’amortissement. Le rigidifier systématiquement peut modifier la transmission des contraintes vers le genou.
C’est pourquoi l’orthokinésie ne cherche pas simplement à remettre le pied « droit ». Elle cherche à observer ce que la correction produit au-dessus : sur le tibia, le genou, la rotule et la hanche.