Faut-il arrêter le sport ?
Pas nécessairement.
Lorsqu’une activité reproduit fortement la douleur, il peut être nécessaire d’en diminuer temporairement le volume ou l’intensité. Mais l’objectif n’est généralement pas de supprimer durablement toute sollicitation.
La charge doit être adaptée à la capacité du tendon.
À mesure que les symptômes diminuent et que la fonction s’améliore, les contraintes peuvent être réintroduites progressivement. Chez le sportif, cette progression permet de préparer réellement le tendon au retour à l’activité plutôt que de simplement attendre que la douleur disparaisse au repos.
Quand faut-il consulter ?
Toutes les douleurs internes du genou ne correspondent pas à une tendinopathie de la patte d’oie.
Une douleur persistante ou inhabituelle mérite donc une évaluation clinique, particulièrement lorsqu’elle apparaît après un traumatisme, lorsqu’un gonflement important est présent, lorsque le genou se bloque ou se dérobe, lorsque l’appui devient difficile ou lorsque l’évolution n’est pas celle attendue.
L’examen permet de différencier une atteinte de la patte d’oie d’autres causes possibles de douleur interne du genou et de déterminer si une analyse biomécanique du membre inférieur est pertinente.
Tendinopathie de la patte d’oie : traiter le tendon, mais surtout comprendre sa surcharge
La tendinopathie de la patte d’oie illustre parfaitement la philosophie de l’orthokinésie.
Le patient montre la face interne de son genou :
« J’ai mal ici. »
La douleur nous indique où le système souffre. Elle ne nous dit pas nécessairement pourquoi.
Que fait le pied lorsqu’il touche le sol ?
La pronation est-elle correctement synchronisée ?
Comment le tibia tourne-t-il ?
Le genou reste-t-il stable ?
La hanche contrôle-t-elle suffisamment le fémur ?
Le tendon a-t-il simplement été soumis trop rapidement à une charge qu’il n’était pas prêt à supporter ?
C’est l’ensemble de ces questions qui permet de construire la prise en charge.
L’activateur plantaire peut guider le pied lorsque son fonctionnement participe à la surcharge. Les sangles peuvent apporter une assistance temporaire. Le renforcement musculaire et la remise en charge progressive permettent ensuite au patient de reprendre lui-même le contrôle.
Aucun de ces outils n’est une solution universelle.

L’objectif n’est pas simplement de faire taire la douleur. Il est de comprendre pourquoi les tendons de la patte d’oie ont été dépassés, de diminuer les contraintes qui les entretiennent et de redonner au membre inférieur les capacités nécessaires pour fonctionner durablement.
C’est toute la différence entre traiter l’endroit qui fait mal et traiter le mouvement qui l’a conduit à souffrir.